MORT DE DAVID BOWIE

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Dark Hors ligne


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Messagede Dark » Lun 11 Jan 2016 14:27

David Bowie en 1973, sous l'oeil du photographe Richard Imrie.
Le dernier vidéoclip de David Bowie pour la chanson Lazarus, diffusé le 7 janvier, montrait le chanteur, le visage à moitié caché sous un bandeau sur un lit d’hôpital. Il avait suscité quelques commentaires de fans qui y voyaient là comme une image annonciatrice. Le matin du 11 janvier, le compte Facebook officiel de l’un des artistes les plus réputés du monde de la pop et du rock, dont les approches musicales et le parcours auront été une constante quête de renouvellement, d’expérience et d’attentions à de nombreuses disciplines (théâtre, mime, musique, cinéma, peinture…) a annoncé sa mort, « paisiblement, après une bataille courageuse de 18 mois contre le cancer ».

Une information qui a laissé d’abord incrédule. Un nouvel album de Bowie, « Blackstar », venait d’être publié, le 8 janvier, jour anniversaire de ses 69 ans. Un spectacle musical était actuellement joué dans un petit théâtre new-yorkais, à la conception duquel Bowie avait participé. Les proches, dont des musiciens, avaient à ces occasions donné de ses nouvelles, soulignant sa vitalité, son enthousiasme pour ses dernières créations.


David Bowie aura parfois été présenté comme un artiste caméléon, adaptant son travail, en particulier musical, sinon complètement aux modes et aux airs du temps, mais en en ayant une conscience aiguë, les faisant siennes. Le music-hall, le folk hippie, le glam-rock, la soul, le funk, la pop, les musiques électroniques… auront été quelques-uns des genres qu’il avait abordés, y donnant à chaque fois une couleur, une personnalité. Sa voix passant de la caresse jusqu’au cri, dans de nombreuses nuances, faisant passer une forme de dramaturgie dans l’expression.

Au cours des années, il endossera aussi le costume de personnage, des doubles possibles. Le jeune homme tranquille de ses débuts, dandy et élégant, jouera sur le travestissement dans la fin des années 1960, son personnage le plus célèbre pour le grand public, Ziggy Stardust, sera comme un avatar représentant la star du rock avec paillettes, dans l’ascension vers la gloire et la chute, Halloween Jack, sorte de pirate annonciateur du punk, le Thin White Duke, probablement le plus proche de ce qu’il vit alors, vers la fin des années 1970, miné par une consommation importante de cocaïne, Pierrot lunaire au début des années 1980…




Né le 8 janvier 1947 à Londres, David Robert Jones est le deuxième enfant d’Haywood Jones et Margaret Burns. Il a un demi-frère, Terry, son aîné de dix ans, qui aura une importance primordiale dans son éducation musicale. C’est lui qui l’emmène à ses premiers concerts de jazz, qui l’initie à la culture. Plusieurs chansons de Bowie, dont All The Madmen ou The Man Who Sold The World, évoqueront cette figure fraternelle, qui se suicidera en 1985 après des années de traitements pour troubles psychiques.

Le chant, Bowie le pratique d’abord dans la chorale de son école. Il écoute aussi du rock. Il étudie la musique, prend des leçons de saxophone, son premier instrument, dont il jouera dès ses premiers groupes, au début des années 1960, The Kon-Rads, The King Bees, The Mannish Boys ou The Lower Third, et qui restera un instrument de référence dans sa discographie. Fin 1965, alors qu’il a déjà enregistré quelques 45-tours, il change de nom, Bowie, en référence à un modèle de couteau.

La carrière de Bowie, sous son nom d’artiste, est encore balbutiante. Il rencontre le mime Lindsay Kemp, avec qui il va parfaire son travail sur le corps et la gestuelle. Il enregistre un premier album, David Bowie, publié en 1967, sans succès. Il fréquente le milieu musical londonien, en pleine période psychédélique, marqué en particulier par la personnalité de Syd Barrett (1946-2006), le premier guitariste de Pink Floyd.



C’est d’abord une vie de bohème, sans le sou, avec des interrogations sur son futur, lui qui est mû par le désir d’être reconnu. Cela semble venir avec le succès de la chanson Space Oddity, tirée de l’album du même nom publié en novembre 1969, qui raconte l’histoire d’un astronaute, le major Tom. Elle a été enregistrée avec celui qui deviendra le collaborateur régulier de Bowie, le bassiste et producteur Tony Visconti. Bowie est alors encore dans une ambiance folk, avec déjà des bizarreries musicales. En novembre 1970, avec l’album The Man Who Sold The World, Bowie, qui a rencontré le guitariste Mick Ronson, met plus de rock électrique dans sa musique. Sur la pochette il pose vêtu d’une robe.

Hunky Dory, en décembre 1971, avec la chanson Life On Mars, marque un retour provisoire vers une manière plus folk et apaisée. Mais la révélation au grand public et le début, en Grande-Bretagne d’abord, d’une bowiemania, se feront quelques mois plus tard avec le personnage de Ziggy Stardust, et une musique de pleine énergie rock, jouée avec le groupe The Spiders From Mars.

Maquillages, costumes flamboyants, paillettes, ambiguïté sexuelle, tout est mis en œuvre pour conquérir le monde du rock. « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » sort en juin 1972. Bowie fait sensation, la presse se l’arrache, les réactions d’adoration des fans à concerts sont comparées à celles qui ont accompagné les Beatles au début des années 1960, lors d’une longue tournée, qui passera par les Etats-Unis où l’accueil est similaire, prendra fin le 3 juillet 1973. Un autre disque, « Aladdin Sane », plus construit, plus ambitieux dans ses sources musicales, avec des éléments de jazz free et d’atonalité, parait en avril 1973. Bowie, a pris aussi le temps de produire deux de ses idoles, Iggy Pop et Lou Reed.


En 1972, David Bowie se teint les cheveux en rouge et n'hésite pas à porter des costumes outranciers, participant ainsi à l'émergence du glam rock. Ici, son costume de « Starman », porté pour son personnage de Ziggy Stardust, cette même année, et présenté lors d'une exposition à Londres le 20 mars 2013.
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En 1972, David Bowie se teint les cheveux en rouge et n'hésite pas à porter des costumes outranciers, participant ainsi à l'émergence du glam rock. Ici, son costume de « Starman », porté pour son personnage de Ziggy Stardust, cette même année, et présenté lors d'une exposition à Londres le 20 mars 2013.


Une nouvelle phase va débuter avec « Diamond Dogs » – à l’origine pensé comme une adaptation du roman 1984, de George Orwell – avec des chœurs, des vents et une imprégnation de la soul music. Celle-ci va être plus présente encore dans le disque suivant, « Young Americans » (mars 1975), enregistré aux Etats-Unis et auquel participe une autre idole de Bowie, John Lennon, pour deux chansons : Across The Universe, reprise des Beatles, et Fame, cette dernière dans une approche funk qui va être au cœur de « Station To Station », grande œuvre de l’année 1976. Les spectacles sont de formidables moments d’intensité. Epuisé par l’activité incessante de sa gloire et la consommation massive de drogues – en particulier la cocaïne –, marqué par des périodes dépressives, Bowie apparaît au cinéma dans le film L’Homme qui venait d’ailleurs, de Nicolas Roeg.

Suivra ce qui a été appelé la trilogie berlinoise avec les disques « Low » (1977), « Heroes » (1978, le seul enregistré à Berlin) et « Lodger » (1979). Bowie rencontre Brian Eno et Robert Fripp, il s’intéresse aux musiques électroniques planantes, faites d’ambiances plus étales. Il part un temps vivre à Berlin, où il décroche de son accoutumance, met de l’ordre dans sa vie, commence à s’éloigner de la vie publique, pour réapparaître seulement à l’occasion de la sortie d’un disque ou d’une tournée, ce qui sera, dès lors, un mode de vie dominant.

A partir des années 1980, qui débutent avec la parution du disque « Scary Monsters » et la chanson Ashes to Ashes, qui le montre en pierrot, souvenir des années de mime, David Bowie est désormais une institution de la pop et du rock. Il est cité par des dizaines de musiciens comme une influence majeure, tant par sa manière de se mettre en scène, de jouer avec des personnages, que par sa musique. Il va connaître son plus grand succès commercial avec l’album et la chanson Let’s Dance, en avril 1983, collaboration avec le guitariste et producteur Nile Rodgers, combinaison parfaite de funk, de pop et de disco. La tournée Serious Moonlight Tour l’amène à jouer dans des stades devant plus de 2 millions de personnes.

Sursaut artistique à la fin des années 1990

Ses disques suivants seront un temps moins définitifs. Il n’a plus rien à prouver. Il sait parfaitement mener sa manière pop dans laquelle il glisse toujours des touches particulières, un son du moment, une couleur, qui permettent de l’identifier. Un sursaut artistique aura lieu à la fin des années 1990 avec Oustide (1995) et Earthling (1997), traversés par des rythmiques électro et des combinaisons complexes.

Lors d’une tournée en 2004, il est victime d’un malaise. Il est opéré pour un problème cardiaque. Il fera quelques fugaces apparitions lors de concerts dans les presque dix ans qui suivront, mais semble alors avoir décidé de mettre fin à sa carrière. L’annonce surprise de la parution d’un album en janvier 2013, « The Next Day », sorte d’évocation musicale de son passé, l’avait remis sous le feu des projecteurs, quand bien même il n’avait accordé ni entretien ni n’était remonté sur scène à cette occasion.

Lire aussi : « David Bowie Is » : une odyssée artistique scénographiée à la Philharmonie

Pour « Blackstar », en revanche, tout avait été balisé. Son 28e album studio (en comptant ceux avec Tin Machine et en excluant « Toy », jamais sorti officiellement) a été annoncé en amont, fin octobre 2015, avant la publication d’un clip vidéo de la chanson-titre, le 20 novembre 2015, puis d’un fichier audio d’une autre chanson, Lazarus, le 17 décembre 2015.

« Blackstar » montrait que le musicien avait toujours envie de se renouveler, dans cette manière théâtrale qui est l’une de ses caractéristiques, quand il pouvait se contenter de rester dans le confort de chansons pop sur lesquelles poser sa voix. La construction du disque, par sa chronologie inversée, qui commence par le moins confortable pour remonter vers le plus abordable, en est aussi le signe.


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Dark Hors ligne


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Messagede Dark » Lun 11 Jan 2016 14:33

Message non lude SASOUKY74 » Lun 11 Jan 2016 07:31

R.I.P mister David Bowie :( un grand nom de la musique est décédé à l'âge de 69 ans depuis 18 mois il luttait contre un cancer,son dernier album venait tout juste de sortir.
souvenirs !
https://www.youtube.com/watch?v=AFks9A9TCF0
https://www.youtube.com/watch?v=VrERLeFseDA
https://www.youtube.com/watch?v=N4d7Wp9kKjA
https://www.youtube.com/watch?v=Tgcc5V9Hu3g
https://www.youtube.com/watch?v=U16Xg_rQZkA
C'est bon ça !
https://www.youtube.com/watch?time_cont ... oDh_gHDvkk


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Messagede coincoin » Lun 11 Jan 2016 16:09

putain çà va s'arreter la serie oui???

on paume un artiste par jour!
à ce rythme, il ne restera que Johnny :shock:

RIP david
mon objectif? que les fabricants se depechent et que je puisse avoir toutes les winners du mans depuis 1923 à nos jours a se suivre dans mes vitrines!


Dark Hors ligne


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Messagede Dark » Lun 11 Jan 2016 18:56

Ou Yvette horner :mrgreen:


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Messagede Xaneaze » Lun 11 Jan 2016 20:07

RIP, j'avoue avoir été touché par cette annonce, un grand vide musicalement parlant pour moi...
Bowie était, est et sera toujours une icône rock....

https://www.youtube.com/watch?v=-jdtMIpF56s
"Un palmarès se construit sur la passion des autres, on dépend de l'anonymat et de la passion partagée d'une écurie...." Jacky Ickx


Antoine Hors ligne


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Messagede Antoine » Lun 11 Jan 2016 20:23

Avec tous ces gens qui meurent autour de nous, faut se dire que l'on finira par mourir au milieu d'eux.

Bien triste nouvelle en tout cas.
Antoine. L'homme est la pièce rapportée de la Nature : il passe son temps à mesurer...



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