Scaphandre

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Scaphandre
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Messagede Dark » Dim 24 Juin 2018 05:51

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Pierre Graves et Gérard Loridon ont publié dans Sogetram.



Pierre Graves
23 juin, 15:55

Definition du mot "scaphandre" au XIXe siècle
SCAPHANDRE - s.m (ska-fan-dre - du gr. Skaphé, nacelle ; anêr, homme). Nageur muni d'un corset garni de liège, à l'aide duquel il peut facilement se soutenir sur l'eau : il y a , entre l'homme de mérite qui se soutient dans le monde sans appui et l'homme que le rang et la fortune y soutiennent comme malgré lui, la différence qu'il y a du SCAPHANDRE au nageur. (Chamfort). II Plongeur muni d'un vêtement à l'aide duquel il peut descendre et travailler au fond de l'eau.
- Nom donné anciennement à un appareil à liège au moyen duquel on pouvait se soutenir sur l'eau. II Sorte de vêtement hermétiquement fermé, au moyen duquel on peut descendre au fond de l'eau et y travailler, en respirant l'air que fournit une pompe placée hors de l'eau.
- Moll. Genre de mollusques gastéropodes marins, formé aux dépens des bulles, et non adopté.
- Encycl. Dans les travaux de construction , lorsque l'on fait des fondations sous l'eau, il est souvent nécessaire de faire descendre des ouvriers sous l'eau. On employait autrefois à cet effet une cloche à plongeur, dans laquelle l'air était maintenu à une pression suffisante et renouvelé par une pompe aspirante et foulante. On fait aujourd'hui plus généralement usage du scaphandre ; c'est un appareil dont l'emploi permet à un homme de demeurer et de travailler assez longtemps sous l'eau. Nous en avons déjà parlé à l'article PLONGEUR ; mais nous croyons devoir ici ajouter de nouveaux détails à la description de cet important appareil.
Le scaphandre se compose d'une série d'objets destinés à recouvrir le plongeur ; mais un complément indispensable de ces objets est la pompe à air, sans laquelle l'appareil n'est d'aucune utilité, et qui doit fournir au plongeur le gaz nécessaire à son existence.
Les objets dont se couvre le plongeur consistaient en un casque, une pèlerine et un vêtement imperméable auquel il faut adjoindre une paire de souliers d'une confection spéciale.
Le casque, ordinairement en cuivre étamé, a une forme sphéroïde évasée à la partie inférieure, de manière à s'appliquer sur les épaules et la partie supérieure du tronc. En avant se trouvent quatre glaces : l'une, celle du milieu, est circulaire ; les deux glaces latérales et une glace supérieure sont elliptiques, de telle sorte que la forme générale du casque puisse se modeler sur celle du visage en laissant plus d'espace devant la bouche et le nez. Toutes ces glaces sont protégées contre les chocs par un grillage en fil de cuivre. Seule la glace du milieu peut se démonter à volonté. ; elle permet au plongeur de voir à droite et à gauche au moyen des fenêtres latérales, ou au-dessus au moyen de la fenêtre antéro-supérieure.
La glace du milieu est à vis pour le démontage ; elle peut être plane ou lenticulaire. Les autres sont montées à demeure sur le casque et bombées ; néanmoins, on peut les remplacer facilement par des glaces de rechange en cas de nécessité.
Au dessous de la glace ronde, à l'endroit qui correspond à la bouche du plongeur, se trouve un robinet de secours, sorte de soupape, robinet dont nous verrons plus loin l'utilité.
L'air arrive à l'arrière du casque ; une conduite aboutissant à la pompe l'amène et le déverse par trois orifices plats ; il vient de cette façon lécher toutes les glaces, ce qui a l'avantage d'entraîner la vapeur de la transpiration et empêche les glaces de se tenir. L'air respiré et l'air fourni en excès par la pompe s'échappent par une soupape placée sur le côté droit, de telle sorte que le plongeur puisse, dans certaines circonstances, fermer en partie cette soupape. Pour la commodité de la manoeuvre, on la fait s'ouvrir de dedans en dehors ; elle s'appuie sur un ressort à boudin.
Malgré le poids de l'appareil, le plongeur, à une certaine profondeur, subit une poussée telle, qu'il serait très difficile de se maintenir au fond, et, en tout cas, de faire un travail utile quelconque ; on a donc eu soin de fixer au casque des crochets auxquels s'attachent des cordes qui supportent les poids nécessaires pour que le plongeur puisse rester au fond de l'eau.
La partie inférieure du casque est à vis ; elle se réunit à la partie supérieure de la pèlerine métallique du scaphandre à laquelle est fixé le vêtement en caoutchouc ; un tiers de tour suffit pour engager tous les filets du casque et de la pèlerine, parce que ces filets sont interrompus par sixièmes du pourtour, c'est à dire sur trois sixièmes de la circonférence. Une pareille disposition, très commode pour relier les pièces de l'appareil, pourrait aussi en faciliter la séparation lorsque l'homme est sous l'eau ; on évite cet inconvénient en perçant d'un trou diamétral le collet de chaque partie, de manière qu'en y passant une cheville en cuivre on prévienne tout accident dû au dévissage du casque.
Le vêtement est d'une seule pièce, en coton ou en toile, doublée d'une épaisse couche de caoutchouc. Il enveloppe tout le corps, et la tête et les mains seules sortent du vêtement. Aux poignets, le scaphandre se termine par des manchettes en caoutchouc, pardessus lesquelles des bracelets en caoutchouc viennent encore serrer le vêtement, de telle sorte que la fermeture est hermétique.
Le haut du scaphandre est terminé par un morceau de cuir percé de trous et fixé sur la pèlerine ; des broches de cuivre, faisant corps avec cette dernière, entrent dans les trous. On arrive à une clôture parfaite au moyen de brides en cuivre dans lesquelles passent aussi les broches, dont les écrous à oreilles compriment cette pièce entre la pèlerine et les segments métalliques.
Le plongeur qui se couvre du scaphandre doit revêtir en dessous des vêtements destinés à absorber la transpiration, toujours très abondante lorsqu'on travaille dans ce costume ; il doit porter un bonnet, un caleçon, un gilet et des chaussettes de laine ; les vapeurs de la transpiration, ne pouvant s'élever comme elles le feraient à l'air libre, iraient des membres à l'étoffe imperméable, et elles s'y condenseraient immédiatement, ce qui fait qu'elles retomberaient bientôt sur le corps de l'homme et le refroidiraient dangereusement ; du reste, ce serait déjà un obstacle très grand apporté à la facilité du travail et à la santé du plongeur, que cette transpiration subitement produite dès les premiers moments.
Par-dessus ses vêtements de laine et sous la pèlerine, le plongeur doit porter un coussin rembourré ayant la forme d'une pèlerine, dont le but est de diminuer l'effet du poids de la pèlerine métallique sur les épaules. Pour compléter le costume, il convient de chausser l'homme qui s'en recouvre de brodequins en cuir munis de lourdes semelles en plomb ; grâce à cette surcharge et à un certain nombre de poids supportés par les crochets du casque et reliés à la ceinture du plongeur, celui-ci peut se maintenir sans aucune gêne à d'assez grandes profondeurs sous l'eau. A la ceinture en cuir que nous venons de mentionner est encore fixé le fourreau de cuivre d'un poignard et le dormant d'une corde maniable, dont l'autre extrémité est tenue à la surface de l'eau par un aide. Le poignard permet au plongeur de couper sous l'eau ce qui lui ferait obstacle. La corde sert à établir sans cesse une communication directe entre le travailleur sous l'eau et les ouvriers qui sont restés à la surface.
La pompe du scaphandre est composée de quatre corps : trois d'entre eux ont le même diamètre ; on en relie les pistons aux vilebrequins d'un arbre dont les extrémités reçoivent les manivelles de manoeuvre. Les vilebrequins sont placés au sommet d'un triangle équilatéral, et de cette position il résulte que le travail des pompes a une valeur constante ; le refoulement et l'aspiration sont toujours réguliers. Les pistons sont, en général, du système Lelestre ; ils sont en cuivre, garnis de cuir et soigneusement emboutis. La soupape d'aspiration est au-dessous de la face inférieure du piston ; la soupape de refoulement est complètement au-dessous du corps de pompe. Lorsqu'on manoeuvre les pompes, elles aspirent l'air, qui arrive librement par le haut des cylindres, et le refoulent dans un conduit commun, sur lequel se visse le tube communiquant avec le scaphandre. Ce tube est composé d'une hélice intérieure en fil de fer étamé, recouverte d'une première enveloppe en toile ; par dessus cette toile s 'enroulent deux feuilles de caoutchouc laminées, puis quatre bandes de toile caoutchoutée, et le tout est recouvert d'une forte enveloppe de toile à voiles. De cette manière, le tube est protégé contre les coupures et les accrocs auxquels ils serait exposé par le frottement contre des corps durs. On se rend compte de la pression du gaz par un manomètre établi dans un petit tube porté par le conduit commun où les pompes refoulent l'air. On applique ce tube sur l'extérieur de la caisse qui renferme les pompes.
Le quatrième corps de pompe, plus petit que les trois premiers, permet lui aussi d'aspirer et de refouler. Le piston de cette pompe est mené par un excentrique calé sur l'arbre qui porte les vilebrequins d'attache des autres pistons. Cette pompe est destinée à aspirer de l'eau froide et à envoyer cette eau dans le bassin qui entoure les corps des autres pompes ; un trop plein permet l'excès d'eau contenue dans la caisse de s'écouler. L'utilité de cette pompe est manifeste, car elle permet de maintenir les corps de pompe à une basse température, de telle sorte que l'air qu'elle refoule ne soit pas échauffé, ce qui se produirait constamment sans cette précaution, puisque, suivant la profondeur à laquelle se trouve sous l'eau le plongeur, il faut comprimer l'air à trois ou quatre atmosphères.
Lorsque l'homme ne doit pas travailler à des profondeurs très grandes, il suffit habituellement d'une caisse à air contenant deux corps de pompe avec réservoirs et pompe à eau de refroidissement. Le maniement en est plus facile ; un homme suffit à la manoeuvre, tandis que deux hommes sont nécessaires pour la mise en action de la pompe plus importante que nous avons décrite. Celle-ci sert aux travaux de longue haleine ou faits à de grande profondeur ou en mer. Un écouvillon est nécessaire pour nettoyer le tube à air ; l'autre se nettoie à la main.
Pour pouvoir utilement faire usage du scaphandre, il faut faire quelques exercices méthodiques et s'habituer de plus en plus à rester vêtu du costume sous l'eau ; on peut alors arriver à descendre convenablement et à séjourner quelques minutes dans l'eau. Cela ne suffirait pas dans certains cas ; mais tous les individus ne seraient pas capables d'un plus grand effort, et il faudrait être doué d'une nature particulière pour devenir un bon plongeur, capable d'exécuter des travaux pénibles et qui demandent plusieurs heures de travail. Ce sont, en général, les hommes robustes et qui ont la poitrine bien développée desquels on doit attendre la capacité de rester le plus longtemps sous l'eau.
Quel que soit l'homme qu'on va revêtir du scaphandre, il doit remplir certaines conditions, à défaut desquelles il faudrait interdire absolument l'usage du vêtement et la descente. Il doit être en bonne santé, sans indisposition qui affecte le cerveau ou l'estomac principalement ; ne pas être en transpiration ; avoir les sens reposés & l'esprit calme, toute surexcitation se traduisant par une élévation de la chaleur anomale soit directement, soit indirectement ; il convient que le plongeur n'ait pas mangé depuis quelques heures ; enfin, et c'est là une précaution de première nécessité, un homme en état d 'ivresse ou simplement agité par une boisson ou un repas trop abondant doit être rigoureusement exclu ; c'est le seul moyen d'éviter de très graves accidents.
Le plongeur doit dans tous les cas se recouvrir du vêtement de dessous, bonnet, gilet, caleçon, chaussettes. C'est alors qu'on revêt le plongeur du scaphandre. Le vêtement imperméable se passe d'abord comme un pantalon ordinaire ; les jambes placées, on relève le costume le long du corps, on introduit les bras l'un après l'autre et on remonte la collerette de cuir de manière qu'elle s'ajuste bien sur les épaules. On place alors le coussinet, par dessus, la pèlerine de métal, dans la situation qu'indique sa forme sur le haut du corps ; on fait alors pénétrer chacun des boulons de la pèlerine de métal dans la boutonnière correspondante de la collerette de cuir. Les plaques de cuivre se disposent alors sur le tout et on les ajuste par dessus la collerette, ainsi que les écrous à oreilles ; on visse enfin ces derniers jusqu'à ce que la jonction entre la pèlerine et le vêtement soit suffisamment exacte ; il faut qu'il n'y ait aucune possibilité d'introduction d'eau entre ces deux parties du vêtement.
Pour introduire les mains dans les manchettes de caoutchouc ou les en faire sortir, on est obligé de se servir d'ouvre manchettes. Ces manchettes doivent être en effet énergiquement serrées, et il est nécessaire de produire un certain effort pour agrandir l'ouverture et donner ainsi aux poignets la possibilité d'y passer.
On met par-dessus ces manchettes des bracelets en caoutchouc, mais ils ne doivent pas être trop forts parce que la pression qu'ils déterminent pourraient devenir très-nuisible, arrêter la circulation et rendre impossible au plongeur tout effort sous l'eau. Il deviendrait même très-difficile de tenir un instrument à la main, tant les muscles seraient fatigués.
Le vêtement mis, on le complète en chaussant des brodequins plombés et en bouclant la ceinture à poignard.
eci fait, on met le casque au plongeur ; il faut dévisser la glace circulaire et confier à deux hommes le soin de porter le casque au-dessus de la tête du plongeur ou dans la position qu'il devra occuper ; après l'avoir bien orienté et élevé au-dessus de la tête du plongeur de quelques centimètres, ils feront descendre le casque verticalement jusqu'à ce que la partie inférieure porte sur la partie supérieure de la pèlerine. Les deux aides emboîtent alors l'une dans l'autre les deux parties du scaphandre et les engagent par un mouvement lent de droite à gauche. Une fois les filets engagés, on introduit la cheville de sûreté destinée à empêcher le casque de se dévisser.
L'air qui circule sous le casque ne doit pas pouvoir s'échapper ; à cet effet, il faudra graisser soigneusement la bande de cuir interposée entre la pèlerine et le casque, de telle sorte que la fermeture soit complète.

Le tube conducteur de l'air doit avoir une longueur suffisante. On lui donne, en général, un tiers en sus de la distance qui sépare la pompe à air du lieu où se tient le plongeur. Ce tube doit être essayé au préalable, et on doit s'assurer que les pompes compriment en effet suffisamment l'air dans les tuyaux ; s'il y avait des fuites, cette opération préliminaire les manifesteraient suffisamment. Pour mettre le tube à air à portée constante du plongeur, avant de visser ce tube sur le casque, on le passe dans un anneau fixé devant le plongeur à sa ceinture ; il ne gêne pas le plongeur dans ses mouvements et celui-ci peut le manier aussi souvent qu'il en a besoin. On ne doit pas oublier d'attacher à la ceinture la corde des signaux. Puis, aussitôt que l'homme est complètement préparé, on fait marcher la pompe à air, dont le plongeur règle la marche à la surface et au fond de l'eau. Ces préparatifs terminés, l'homme peut descendre sous l'eau, l'air amené par les pompes s'échappe en partie par l'ouverture de la glace circulaire qu'il n'a pas encore révisée, par le robinet s'il est ouvert, enfin par la soupape à air.
A ce moment, on suspend aux crochets du casque les masses en plomb que l'homme doit porter sur le dos et sur la poitrine. Puis à l'instant où l'homme va entrer dans l'eau, on visse la glace circulaire, et le plongeur ferme le robinet à air aussitôt qu'il est dans le liquide.
Le plongeur ne doit pénétrer dans l'eau qu'avec de certaines précautions. L'introduction est une chose délicate ; si la descente est trop rapide, le plongeur éprouve des bourdonnements douloureux dans les oreilles ; il est obligé, pour les faire disparaître peu à peu, de reproduire souvent les mouvements de mastication et de déglutition.
Il faut éviter que l'air reçu par le plongeur ne soit en trop grande abondance ; sans doute, la soupape à air peut être plus ou moins ouverte par l'homme revêtu du scaphandre, mais il arrive quelquefois que, malgré cela, l'air est en trop grande abondance. Aussitôt le vêtement se gonfle et tire le plongeur de bas en haut ; cette traction tend le costume aux jambes et à l'entre-deux, qui se fatigue rapidement, puis l'homme ne peut plus se maintenir au fond, allégé qu'il est par le volume du scaphandre ; il remonterait sur l'eau ou serait rapidement exténué s'il n'avait la facilité d'ouvrir le robinet placé au-dessous de la glace principale ; une partie de l'air est refluée au dehors, et le casque ne retient bientôt plus que la quantité d'air nécessaire au plongeur.
Le vêtement est d'un usage très-fatiguant, même en dehors de cette circonstance ; car la pression de l'eau comprime le scaphandre par en bas avec une telle force, que souvent le caleçon est imprimé sur les jambes du plongeur ; aussi en résulte-t-il une véritable souffrance qui engourdirait bientôt, comme une trop forte pression aux manchettes, les muscles des membres inférieurs. Pour éviter cet inconvénient, l'homme s'assied de temps en temps ; le robinet d'écoulement de l'air en excès ayant été fermé, l'homme lève l'une après l'autre ses jambes ; ce mouvement permet à l'air en excès du casque de pénétrer entre le vêtement et les membres du plongeur, et la circulation se rétablit bientôt dans toute son activité. On doit avoir recours à ce moyen d'autant plus fréquemment que le travail se fait à une profondeur d'eau plus considérable ; à 30 ou 35 mètres de profondeur, il faut ordinairement user plusieurs fois par heure de ce procédé.
Ce n'est qu'avec peine que le plongeur peut se pencher en avant ; dans ce mouvement, en effet, l'air s'accumule entre le dos de l'homme et le vêtement et gêne beaucoup le travailleur ; il faut encore recourir au robinet d'écoulement de l'air ; on l'ouvre suffisamment pour laisser échapper le volume d'air qui s'est interposé entre le dos et le scaphandre, et le vêtement s'applique de nouveau contre le corps.
Le retour à la surface peut être effectué très-rapidement ; on n'a, en effet, qu'à fermer le robinet d'écoulement et diminuer l'ouverture de la soupape par laquelle s'échappe l'air ; bientôt le vêtement gonflé d'air à la partie supérieure ramène le plongeur à la surface de l'eau ; pour ne pas être fatigué par cette traction des parties supérieures, on peut se coucher sur le dos ; l'air se répand ainsi dans tout le vêtement sans qu'une traction particulière se fasse sentir quelques uns des membres du plongeur. Un pareil moyen de revenir à l'air libre ne doit être employé par le plongeur que dans le cas où aucun obstacle ne se trouve au-dessus de lui .++
Les hommes s'habituent vite à travailler sous l'eau à 10 ou 15 mètres, ce qui fait une pression totale de deux atmosphères ou deux atmosphère et demie ; mais lorsque la pression s'élève à trois atmosphères, y compris la pression de l'air libre, c'est à dire à une profondeur de 20 à 25 mètres, généralement l'homme ressent un malaise qui se traduit principalement par de violents maux de tête et une douleur assez aigüe aux oreilles. Il ne faut pas songer à faire travailler avec le scaphandre à plus de 30 à 35 mètres sous l'eau, fût-ce pour quelques instants. Toutefois, les inventeurs se sont efforcés de rendre possible un travail à de pareilles profondeurs et même à des profondeurs plus grandes. L'un des meilleurs constructeurs de scaphandres, M. Cabirol, a ajouté au casque du scaphandre une armure intérieure destinée à amortir les effets d'une pression trop forte, et il fait descendre les plongeurs jusqu'à 50 mètres au-dessous du niveau de l'eau, sans que ceux-ci soient gravement incommodés.
Il est bon d'accoupler des plongeurs qui se comprennent rapidement et soient en bonne intelligence ; il faut que les hommes aient une entière confiance l'un dans l'autre ; de la sécurité dans laquelle se trouve le plongeur dépend l'utilité réelle du travail fait sous l'eau. Le plongeur qui est à la surface de l'eau tient le bout de la corde dont le dormant est à la portée de celui qui est revêtu du scaphandre, et, lorsque celui-ci revient à la surface, l'autre se recouvre du vêtement, descend sous l'eau et peut à son tour faire des signaux avec l'extrémité plongée de la même corde.++++
Lorsque le scaphandre remonte à la surface, il convient de manoeuvrer la pompe à air de plus en plus lentement, afin qu'elle fournisse de moins en moins d'air. Dès que l'homme est sur l'eau, on dévisse la glace circulaire et on maintient la tête, car l'équilibre est difficile à tenir, à cause du poids assez considérable du casque, et l'homme pourrait tomber à la renverse ; puis on décroche les poids fixés au casque et à la ceinture et enfin on enlève le casque. Toutefois, il serait dangereux de mettre le plongeur trop rapidement en contact avec l'air extérieur, surtout après un séjour assez prolongé au fond de l'eau. On a soin dans ce cas de continuer à pomper de plus en plus lentement en ouvrant le robinet d'écoulement d'air ; de cette façon la pression diminue peu à peu jusqu'à revenir égale à la pression atmosphérique ; mais dans tous les cas, il convient de débarrasser le plongeur des poids qui surchargent le vêtement aussitôt qu'il est sorti de l'eau.
Le plongeur doit pouvoir rapidement exprimer par des signaux aux hommes du dehors ce dont il veut les instruire, sans changer de situations au fond de l'eau ; la corde de communication lui sert à cet effet. Les signaux doivent être bien convenus, peu nombreux et faciles à comprendre, de manière à traduire toutes les indications utiles ; voici les principaux de ceux qu'on emploie dans les ports français. Il est remarqué qu'en général tout signal donné d'une part doit être répété de l'autre pour la sûreté de la communication.
L 'homme de la surface donne un coup de corde pour demander si le plongeur est bien ; celui-ci répond affirmativement par le même signal ; l'homme de la surface doit répéter ce signal très-souvent, au moins tous les deux à trois minutes ; l'homme du fond doit répondre immédiatement ; si le plongeur laissait trois appels successifs sans réponse, il faudrait le remonter aussitôt en tirant sur la corde de communication.
Le plongeur donne deux coups pour demander plus d'air et trois coup pour demander moins d'air ; quatre coups donnés par le plongeur avertissent que celui-ci ne peut plus rester sous l 'eau.
Ces signaux, les plus importants de ceux qui doivent être faits dans l'usage du scaphandre, se modifient lorsque le plongeur, au lieu de travailler sur le fond, travaille sur les flancs d'un navire. Dans ce cas il se place sur les barreaux d'une échelle de corde qui peut-être portée sur l'avant ou l'arrière du navire ou rapprochée ou écartée du bâtiment. Les demandes relatives à la disposition de l'échelle se font avec la corde ; les demandes relatives à l'envoi d'air se font au moyen du tuyau d'arrivée du gaz. L'homme auquel est adressé le signal doit toujours répondre par la répétition du même signal, pour que la communication se fasse sûrement et qu'il y ait intelligence certaine entre les deux hommes.
L' échelle, ou on panneau rectangulaire qui la remplace et qui supporte le plongeur, peut-être écartée ou rapprochée du navire par une corde passant sous la quille, et remontée ou abaissée par les cordes de suspension.
Le plongeur donne sur la corde un coup pour faire amarrer, lorsque l'échelle ou l'échafaud se trouve bien situé pour le travail qu'il doit effectuer. Ce signal est très-important, car il serait dangereux de trop rapprocher le support du navire, on s'exposerait à blesser le plongeur ; l'homme donne deux coups pour faire rapprocher, trois coups pour faire pour faire écarter l'échelle en avant, et cinq la porter en arrière ; enfin le plongeur qui ne peut plus rester dans l'eau avertit du besoin qu'il a de remonter en donnant six coups de corde.
L'homme de la surface s'informe de la situation du plongeur et lui demande s'il est bien par un coup donné sur le tuyau à air. Le plongeur donne deux coups sur ce tuyau pour avoir plus d'air et trois coups pour en avoir moins.
Tels sont les principaux signaux de communication ; des conventions spéciales, faites entre les hommes qui ont l'habitude de travailler ensemble et variant avec la nature du travail effectué, permettant au plongeur de demander des cordes, des outils, en général ce dont il peut avoir besoin.
Le scaphandre demande un entretien très-soigné et dont on ne se préoccupe pas toujours suffisamment. Le casque et la pompe, plus généralement toutes les pièces en cuivre doivent être attentivement nettoyées et entretenues comme les machines ordinaires. Il convient de démonter les pompes à air dès qu'elles ne seront plus en service ; on nettoiera les cylindres et on essuiera les garnitures des pistons, afin de les débarrasser le plus possible du suif qui y entre ; on se sert de ce corps pour faciliter la manoeuvre et diminuer le frottement des pistons contre les corps de pompe ; mais lorsque ces pompes ne marchent pas, il faut se débarrasser du suif, qui contient une notable proportion d 'eau et oxyderait le cuivre. Avant de remettre la pompe en usage, on retire les pistons et on les graisse.
Les tubes conducteurs doivent être séchés à l'air après avoir été employés, et avant de s en servir de nouveau on devra les essayer et y souffler.
-Le vêtement imperméable sera retourné dès que le plongeur s'en sera dépouillé ; il conviendra de la placer pour qu'il sèche dans un lieu sec et aéré, mais on a remarqué que le soleil le détériore rapidement. Il convient même de le laver à l'eau douce si on l'a plongé dans l'eau de mer, pour le débarrasser des sels marins dont il s'est imprégné.
Le scaphandre se déchire assez souvent ; lorsque la déchirure est de petite dimension, on applique sur l'étoffe, à l'endroit où est la déchirure, une couche de caoutchouc liquide préparé à cet effet ; on laisse cette couche séchée pendant environ une heure et on applique de la même manière deux nouvelles couches ; puis on fait les mêmes opérations sur une pièce d'étoffe imperméable de dimensions convenables ; lorsque cette pièce est sèche, on intercale entre le morceau d'étoffe et le vêtement une plaque de caoutchouc laminé, et par-dessus cette plaque on place l'étoffe imperméable en appliquant le côté enduit de la pièce sur la déchirure ; on soumet le tout à une forte pression, et au bout d'un certain temps l'adhérence est complète. Le vêtement est dès lors aussi solide en cet endroit, malgré la déchirure qui s'y était produite, qu'en tout autre point du costume.
Les scaphandres ne sont pas en général de même modèle suivant que le plongeur doit travailler en eau douce ou en mer ; dans le premier cas, on fait usage d'un appareil un peu moins compliqué, et certaines pièces deviennent inutiles ; elles sont au contraire tout à fait nécessaires dans les travaux sous-marins.
L'appareil complet, tel qu'il est employé par la Compagnie des transatlantiques, la marine et les ponts et chaussées, revient à 3,030 fr. : l'appareil qui sert aux barrages, aux travaux de rivières, à la construction des quais, des ponts, ne coûte que 6,060 fr.
Extrait du grand Dictionnaire Universelle du 19e siècle, Larousse, éd. C.Lacour, collection Rediviva, 1991

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